Villes – banlieues : un constat accablant par Georges FELTIN-TRACOL

Avec son nouvel ouvrage au titre évocateur, Pierre Le Vigan s’intéresse à la ville et à sa pathologie moderne, la banlieue. Pour cet urbaniste de profession, son métier « est la discipline – et l’art – de l’aménagement urbain. Il implique la prise en compte des aspects esthétiques, pratiques (les usages), financiers (les coûts), politiques et symboliques (p. 236) ». Cette Banlieue contre la ville compte, outre des chapitres éclairants sur la formation des banlieues, en particulier celles situées en Île-de-France, les motifs politiques de la création des sept nouveaux départements franciliens à la place des départements de la Seine et de Seine-et-Oise entre 1964 et 1968…, plusieurs entretiens de l’auteur, une chronologie éclairante des banlieues, un glossaire judicieux et une assez riche bibliographie à laquelle ont été adjointes quelques vidéos disponibles sur le sujet.

Avant de réfléchir sur la banlieue, Pierre Le Vigan s’attache à replacer la ville dans la civilisation européenne depuis l’Antiquité. Il rappelle que « l’acte même de fondation des villes est au carrefour du politique, de l’économique, du religieux (p. 24) ». Il souligne que « dans les villes antiques et médiévales, l’espace non construit n’est pas vide. Il est rempli de sens (p. 33) ». En revanche, « à partir de la Renaissance, la ville est investie par la technique (p. 33) ». Le XVIe siècle marque vraiment une rupture temporelle et psychique avec la conception traditionnelle de la ville qui « est d’abord un territoire, c’est-à-dire autre chose qu’un simple espace, une production combinée de nature et de culture, une œuvre d’art collective (p. 63) ». Or, avec l’émergence du monde moderne, « l’urbain, autre nom de la modernité, envahit tout. C’est donc la fin de la campagne tout autant que de la ville (p. 140) ». Le long contraste s’efface au profit d’espaces indistincts. C’est une vraie révolution géographique et mentale qui se produit.

Mutation de la ville

Pierre Le Vigan explique qu’au Moyen Âge, la superficie de la ville était restreinte : « Les surfaces sont de 180 hectares pour Sienne et Lübeck, 400 ha pour Bologne, 440 ha pour Paris (à l’intérieur de l’enceinte de Charles V de 1370), 580 pour Milan, 600 pour Venise. Et du fait de cette nécessité d’utiliser au mieux l’espace ceinturé avant de reculer l’enceinte, les villes médiévales se caractérisent par une densité souvent supérieure à celle de nos actuelles banlieues, compte tenu de l’intégration d’espaces ruraux. On compte environ 50 000 habitants à Sienne, 200 000 à Paris et à Milan, etc. Dans la mesure où c’est la densité qui permet la multiplicité des événements architecturaux, il ne faut pas chercher ailleurs l’origine du charme qui caractérise les quartiers construits durant ces époques (p. 30). » Cependant, même après la Renaissance, une certaine vision traditionnelle perdure auprès des rois de France. Les derniers Valois se méfiaient du développement spatiale de leur capitale et en empêchaient l’expansion. Leurs successeurs, les Bourbons, maintinrent cet interdit puisque « ce refus de l’extension de Paris est repris par Louis XIII et Louis XV (Déclaration royale de 1724), et la création de Versailles par Louis XIV peut s’analyser comme une volonté d’endiguer ce développement parisien par la création d’un pôle secondaire. À la crainte du gigantisme se joint parfois le souci d’une maîtrise du développement en fonction de l’équilibre social (pp. 38 – 39) ». Les souverains capétiens considéraient que « la ville est naturellement un lieu de droit. Ce qui ne veut pas dire seulement un espace des relations fondées sur le contrat. En effet, la ville ne s’oppose pas à la communauté “ chaude ”; elle l’inclut (p. 21) ». Cette différenciation n’a hélas plus cours de nos jours, car « à l’origine lieu du sacré et du politique, la ville a été progressivement arraisonnée par l’économie. La raison calculante a prétendu mettre fin au “ désordre urbain ”. Elle a prétendu mettre la ville sur le chemin d’un développement enfin harmonieux, c’est-à-dire organisé et prévisible (p. 19) ». La Révolution française accélère et radicalise cette conception moderne si bien qu’au XIXe siècle, « on assiste à un divorce entre l’urbanisme et l’architecture – conséquence du divorce de la forme et de l’être au sens où l’entend Gaston Bardet, et, plus encore, conséquence du souci moderne de la détermination de la vérité comme certitude et rectitude (Descartes) (p. 46) ». La ville entame alors une longue et terrible mutation.

« Hier, réservoir de souvenirs, labyrinthe familier, elle est aujourd’hui travaillée par des forces souvent anonymes, et en tout cas incontrôlées : promoteurs, aménageurs, designers, financiers. Jamais on ne s’est autant préoccupé de l’« image » de la ville. Mais jamais celle-ci n’a été aussi brouillée. Les urbanistes modernes veulent faire le deuil du passé, les post-modernes font le deuil du présent. Tous font le deuil de l’avenir (pp. 14 – 15). » Dans le même temps apparaît la banlieue qui va vite devenir les banlieues sous l’impulsion de « la technique [qui] n’est pas la science. La technique est la volonté d’organiser le réel en fonction d’interactions maîtrisées par l’homme (p. 34) ». « Ignorant l’histoire – ou la muséifiant – la technoscience déterritorialise la ville. Transformant le monde – le grand Tout – en technocosme, la technoscience le prive de repères et symboles à partir de quoi l’homme puisse donner sens à sa présence en ce monde. Enfin, la technoscience ne laisse subsister qu’une grille de lecture du réel : la rationalité supposée du monde et son instrumentalisation. Du point de vue de la technoscience, connaître, c’est expérimenter (p. 35). » L’auteur observe en outre que « la technoscience présente trois caractéristiques dont les conséquences sur la ville sont fortes. Elle est anhistorique. Elle désymbolise la réalité. Elle la désignifie. La technoscience est enfin l’expression de la rationalité instrumentale : elle transforme la ville en système d’objets rationnellement agencés (p. 35) ». Dorénavant, « la modernité dans la ville, ce n’est pas seulement l’emprise de l’instrumental. C’est aussi la prolifération de la banlieue (p. 67) ». Or « à partir du XIXe siècle, la banlieue n’est plus le produit d’un lent grignotage par Paris de sa propre périphérie, mais l’endroit où vient mourir une vague en provenance des campagnes, happée par le mouvement de la vie parisienne, notamment le mouvement de la vie économique (p. 70) ». Le Vigan n’hésite pas à relever et à condamner les erreurs du gaullisme immobilier des années 1960 qui font que « les 105 km2 de Paris ne sont plus qu’une petite partie d’une agglomération parisienne qui, pour la seule partie en urbanisation continue s’étend sur 2000 km2 (p. 120) ». Résultat : « l’histoire de la prolifération de banlieues autour de Paris est particulièrement significative. On y voit une ville constituée d’équilibres subtils perdre le repérage de ses limites, ses habitants être arrachés aux lieux dont ils savaient le secret, jetés dans des zones-réservoirs de main d’œuvre. La ville-centre elle-même devient musée. L’extension de la banlieue empêche toute ressaisie de l’ensemble urbain parisien. Envisage-t-on d’annexer les communes périphériques à la capitale ? Mais lesquelles ? S’agit-il du premier anneau, ou de l’ensemble de la région Île-de-France ? L’échelle atteinte rend très difficile tout retour à une cohérence urbaine globale (p. 69) ».

La modernité territorialisée

« Actuellement, 80 % de la population urbaine vit en banlieue et 90 % du territoire des agglomérations est constitué de banlieues. La question de la banlieue n’est donc pas un problème marginal des “ franges de ville ”. C’est le problème central. Une des conséquences de la prolifération de la banlieue est l’accroissement du temps de transport (et l’accroissement de leurs coûts). En moyenne, le ménage péri-urbain parcourt plus du double de kilomètres par jour que son homologue de Paris intra-muros. D’où l’explosion de l’individualisme, le repli sur soi, les craintes sécuritaires. Les paramètres selon lesquelles se hiérarchise l’espace apparaissent désormais la “ tranquillité ” et la “ nature ” (un peu de nature apprivoisée) : toutes préoccupations légitimes, mais au fond extra-urbaines (p. 96). » L’essor des banlieues ne pose pas qu’un problème d’ordre géographique ou urbanistique. La multiplication des grands ensembles naguère, des zones pavillonnaires résidentielles maintenant fait que l’« urbain » grignote de plus en plus les campagnes. L’espace rural se voit « miter » par des aménagements d’origine citadine. Aujourd’hui, seuls 5 % des Français ne dépendant pas d’une agglomération. L’avancée des aires urbaines fait surgir des espaces périphériques, péri-urbaines ou « rurbains ». L’étalement urbain engendre aussi une forte concurrence, voire une âpre rivalité, entre les diverses fonctions possibles du sol. L’agriculture n’est plus prioritaire dans l’usage du terrain qui peut aussi recevoir des constructions (domiciles, dépôts de déchets…), des infrastructures (autoroutes, lignes à grande vitesse) et leurs aménagements (gares, aéroports) ou des unités de production d’énergie (éoliennes, capteurs solaires photovoltaïques…). Des milliers d’hectares arables sont ainsi perdus chaque année sans qu’on ait le souci de l’autosuffisance alimentaire. Cette situation est à terme bien plus explosive, y compris d’un point de vue politique, que le sort des banlieues au sens habituel du mot. Si « les grands ensembles sont un phénomène mondial propre à la modernité (p. 152) », « dans la pratique de la ville, poursuit l’auteur, une chose est sûre, plus on s’éloigne d’un ou des centres plus on s’approche de la banlieue. Le terme anglais suburb, la notion de territoire suburbain est plus claire que notre terme de banlieue. Quoique. Si le suburbain (proche de la ville), ce n’est pas tout à fait de l’urbain, cela implique qu’il ne peut se définir sans savoir ce qu’est l’urbain. En d’autres termes, sans savoir ce qu’est la ville (urbs). La définition française désigne comme ville toute population agglomérée de plus de 2 000 habitants dans une seule commune. Cette définition administrative (large) montre bien que ce qui pose problème, outre le seuil dont on peut discuter à l’infini (le seuil français est plus bas que dans beaucoup d’autres pays) c’est la notion d’« aggloméré ». À partir de quel seuil l’habitat, et l’habitant, cesse-t-il d’être aggloméré ? Quand un pavillon est à 100 mètres du pavillon voisin ? à 500 mètres ? Plus ? On voit la limite des tentatives de définitions purement mathématique de la ville (p. 63) ». Dorénavant, « la frontière passe entre la ville – ce qui reste de la ville – et la banlieue, la nouvelle forme de la ville, tentaculaire, immense, et parfois ensauvagée (p. 14) ».

Une autre frontière est en train de se dessiner entre, précisément, les « rurbains » et les (derniers) habitants des territoires « ruraux profonds » totalement abandonnés par un parisianisme dévastateur qui se vérifie par la fin des services publics en Lozère et une morgue socio-culturelle envers la Creuse (cf. la polémique du magazine bo-bo Technikart). Pis, « le déracinement est devenu la règle. C’est la banlieue qui est devenue la norme de la ville : séparation des activités, désymbolisation, mécanisation des parcours. L’intimité de l’habitat a été violée : le monde marchand veut la transparence. C’est l’exil de chacun en ville (p. 16) ». C’est la conséquence – funeste et inévitable – de « l’idéologie de la table rase, le mépris pour l’architecture vernaculaire au profit de modèles rationalistes universels (tel celui de Le Corbusier), le développement industriel effréné – le productivisme – a amené la constitution d’immenses banlieues. Elles sont constituées d’un habitat de masse, de quartiers de masse, standardisés: un centre commercial, un quartier des écoles, etc. Des quartiers neufs et sans histoire longue. Des ensembles immenses et souvent peu vivables (p. 15) ». Et pourtant, des alternatives étaient possibles du fait d’« éléments des débats essentiels du XXe siècle […] :

— Un courant culturaliste défend l’idée que la différenciation des cultures doit être préservée. Le principe de la construction de villes nouvelles n’est pas rejeté, mais celles-ci doivent se situer à côté de l’ancienne ville et non à sa place (Camillo Sitte, l’architecte allemand Stübben, etc.). L’œuvre de Lyautey au Maroc, respectueuse de l’identité de la ville musulmane, peut aussi être rattachée à ce courant. Mais au total, si ce courant est fécond au XIXe siècle, peu de réalisations du XXe siècle s’inscrivent dans sa lignée.

— Un courant naturaliste s’attache à l’idée que l’habitat doit consister en maisons individuelles. Il s’est développé initialement aux États-Unis. Au fond, ce courant refuse la ville, car à trop mettre les villes à la campagne, il n’y a plus de ville. Il reste tout juste des caricatures de villages. Ces chimères anti-urbaines, déjà présentes chez Marx et surtout chez Engels, restent tenaces. Aujourd’hui encore, en pronostiquant la disparition de la distinction des villes et des campagnes, Joseph Belmont ne témoignait-il pas de leur survivance ? Aux États-Unis, l’actuelle nouvelle vague des architectes trouve très positif la disparition des centres-villes en tant que lieux de concentration de la pauvreté et d’encombrement par les voitures.

— Un courant “ moderne ”, ou “ progressiste ”, s’inscrit dans la double filiation de la ville capitaliste, “ réglée comme un livre de  compte ”, et de ses critiques rationalistes et socialistes. Le modernisme est ainsi un “ rational-socialisme ”. Les projets rationalistes de Le Corbusier aboutissent à rabattre l’urbanisme sur la technique architecturale. Mais ces projets n’entrent – édulcorés – dans la réalité qu’une fois appropriés par des technocrates séduits par leur reproductibilité (pp. 48 – 49) ».

Pierre Le Vigan ne pouvait pas ne pas mentionner l’appartenance de Le Corbusier au premier parti fasciste français, le Faisceau de Georges Valois. On doit néanmoins regretter qu’il n’évoque pas les conceptions urbanistiques multiformes des non-conformistes des années 1930, tant dans leur variante réaliste (Philippe Lamour et Plans) que dans leur variante spiritualiste (L’Ordre nouveau ou Esprit), et de l’État français qui avait des projets aménageurs ambitieux. Toutefois, il traite rapidement des « cités-jardins, […qui…] constituent un urbanisme dans lequel l’homme, dans la totalité de ses pratiques, est présent sur un même territoire : l’homme en fête, l’homme au travail, l’homme en politique, l’homme dans son foyer. La rue est l’élément unifiant des activités humaines et par là de la ville (pp. 80 – 81) ».

Après l’aspect historique arrive le bilan catastrophique. « Les nouveaux banlieusards […] sont prisonniers de ces banlieues. Ils ne s’intéressent pas à la politique. Si certains sont de nationalité étrangère et n’ont pas le droit de vote, ceux qui, d’origine étrangère, ont ce droit, et ils sont de plus en plus nombreux, ne l’utilisent pas ou très peu. Des maires sont élus avec, compte tenu de l’abstention, moins de 20 % des inscrits. C’est pire aux autres élections que les municipales. Disparition de l’intérêt pour la chose politique. Quant aux Français de souche, beaucoup ne votent plus par écœurement de la politique ou par lassitude d’avoir voté sans résultat jusqu’ici pour des partis d’opposition et/ou non représentés au Parlement ou dans les instances qui décident (p. 175). » Le désastre n’est pas qu’urbanistique, il est aussi démographique et culturel. « Dans le même temps qu’une immigration de peuplement peuplait ces quartiers de grands ensembles, la montée continue du chômage depuis 1973 avait comme conséquence de toucher plus encore, par la disparition des emplois non qualifiés et l’exigence de hausse de la productivité du travail, les populations issues de l’immigration. Le chômage touche au moins 40 % des habitants, et surtout les jeunes, dans les quartiers dits “ sensibles ”. Cette situation a amené la naissance d’une économie parallèle, délinquante, substitue aux rentrées d’argent par un travail qui a fini par être symboliquement dévalorisé dans l’imaginaire de nombre de jeunes, tandis qu’une acculturation/américanisation de ces derniers donnait un curieux mélange américano-musulman (n’ayant aucune des qualités ni de la civilisation américaine ni des civilisations marquées par l’islam), mélange à la fois archaïque et moderne, typique de la modernité tardive ou ce qu’Anthony Giddens appelle hypermodernité (p. 158). » À partir de ce constat, l’auteur va à l’encontre de certains préjugés puisqu’il assure que, contrairement à l’image faussée d’espaces surpolitisés, « les banlieues anciennement “ rouges ” ne sont plus ni “ rouges ” ni “ tricolores ”. Elles ne sont pas non plus “ vertes ” comme l’islam – même si les codes de cette religion progressent – elles sont nihilistes (p. 176) ».

Des alternatives éventuelles

Il aurait été bienvenu que Le Vigan expose, même brièvement, les thèses situationnistes sur la ville quand bien même il cite à de nombreuses reprises Henri Lefebvre et, plus chichement, Guy Debord qui subit son influence. C’est dommage alors que leurs regards conservent une grande acuité parce que « dans nos temps modernes, la disparition des identités collectives doit être compensée par l’émergence d’identités individuelles recomposées, qui ne sont pas adossées à un groupe de référence déjà-là. L’individualisme conduit à l’anonymat et se nourrit de l’anonymat mais ensuite, chacun sort de l’anonymat dans une sphère relationnelle construite, liée au travail, aux loisirs, au sport, au syndicalisme, à la politique ou autre, et ce en affirmant son individualité au sens de ses singularités (pp. 160 – 161) ».  Simultanément se forge dans ce nouveau territoire ultra-moderne un « ghetto [qui] est l’autoconstruction d’une conscience collective qui tient lieu d’identité, de cadre de vie, de substitut à la décence commune. Il fonctionne moins comme une réponse à l’exclusion que comme l’affirmation d’une mise en marge assumée – ce qui ne veut pas dire heureuse (pp. 171 – 172) ».

Cela n’empêche pas que Pierre Le Vigan garde un réalisme assez optimiste. Il croit en la fonction culturelle de l’urbanisme qui, s’il « ne se réduit ni à la gestion de la place, ni à celle de la rareté, c’est qu’avant d’être l’art d’aménager, l’urbanisme est en effet l’art d’imaginer. Aussi les éléments significatifs sont-ils la place accordée à la célébration des dieux, aux événements politiques et à la vie économique (p. 24) ». Pour lui, « rendre habitable la cité, c’est permettre aux hommes qui y vivent de donner sens à leur destin, c’est ouvrir à la société des citoyens un horizon de sens commun (p. 82) ». Bref, il juge qu’« un autre chemin est possible : il passe par la ré-urbanisation, la réappropriation des lieux par les habitants et la densification des villes (c’est-à-dire aussi bien le contraire des tours que le contraire des pavillons) afin de réduire leur étalement. Cet autre chemin implique la démocratisation du beau. Le beau pour tous est une idée neuve. Mais ce projet ne va pas sans une éducation au beau (pp. 16 – 17) ». Mieux, « entre grands ensembles et pavillons, d’autres voies sont possibles, d’autres voies ont été explorées, et certaines sont viables et compatibles avec les rythmes humains, avec les besoins humains, avec ce qu’est l’homme. Ces solutions sont les cités-jardins, les immeubles-villas, les écoquartiers (p. 16) ». Cet essai esquisse des solutions en faveur d’une nette dichotomie entre la campagne et la ville. Les événements à venir favoriseront peut-être le retour à cette différence essentielle.

Georges Feltin-Tracol

• Pierre Le Vigan, La banlieue contre la ville. Comment la banlieue dévore la ville et pourquoi le devenir-banlieue de la ville n’est pas une fatalité, La barque d’or, 201, 248 p., 18 €, à commander par courriel à labarquedor@hotmail.fr ou par lettre à La barque d’or, 35, avenue Ferdinand-Buisson, 75016 Paris.