Un bon polar inédit par Thierry DUROLLE

L’ami Pierre Gillieth, responsable des éditions Auda Isarn, lance avec l’appui du camarade Francis Bergeron une collection de polar nommée Le Lys Noir. Leur but ? Remettre au goût du jour ce genre littéraire si particulier, tout en évitant soigneusement le politiquement correct ambiant qui sévit dans les milieux de l’édition et de la culture.

« Au lieu de pleurnicher sur la production à sens unique et idéologiquement tout sauf neutre du Système, proposons une alternative !, disent-ils dans le n° 55 de Réfléchir & Agir. » C’est donc de ce principe que vient de paraître une collection consacrée au roman policier, Le Lys noir. Et rien de mieux pour inaugurer cette collection qu’un inédit d’un auteur maudit en la personne d’Henri Béraud. Double prix Goncourt en 1922 pour Le Martyr de l’Obèse et Le Vitriol de Lune, cet écrivain lyonnais connut les geôles de la République au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et fut sauvé in extremis de la peine capitale ! L’Énigme du Lundi de Pâques, écrit dans la prison de Saint-Martin-de-Ré en 1949, ouvre donc avec brio la collection.

Béraud

Maître Morturiaud, un célèbre avocat, est retrouvé mort d’une balle dans la tête, un lundi de Pâque. Son corps est découvert le long du chemin de fer de la ligne Paris – Marseille. L’inspecteur Chabrol se charge donc d’élucider la mort d’un homme qui, bien que brillant, s’est fait de nombreuses inimitiés. C’est un polar tout ce qu’il y a de plus classique, un cas d’école pourrait-on dire. Le style de Béraud rend la lecture aisée, les personnages ne sont pas très « profonds » mais est-ce si important ? C’est bien l’énigme la vedette ici. Le livre aurait sans doute était bien différent s’il n’avait pas été écrit en prison où la documentation était inexistante. Il ne s’agit pas non plus du meilleur polar existant bien sûr. Néanmoins, la lecture de cet inédit de Béraud représente un agréable moment idéal lors d’un voyage en train… un lundi de Pâque !

Thierry Durolle

Henri Béraud, L’Énigme du lundi de Pâques, Auda Isarn, coll. « Le Lys noir », 2016, 113 p., 12 €.