Que retenir de l’œuvre de Guillaume Faye par Rémi TREMBLAY

L’essayiste Guillaume Faye est décédé le 6 mars dernier, la semaine même où son dernier essai en date, La Guerre civile raciale, était officiellement lancé. Auteur prolifique, Faye s’était d’abord fait connaître dans les années 70 / 80 pour son engagement au GRECE, fer de lance de la Nouvelle Droite incarnée par Alain de Benoist.

Après une quinzaine d’années de recul, Faye refit surface à la fin des années 90, alors que le mouvement identitaire, ou du moins ses idées, prenait une nouvelle orientation, se définissant de moins en moins comme « national-révolutionnaire » et davantage comme « identitaire ». La transition d’Unité radicale (UR) en Bloc identitaire, bien que causée par la dissolution d’UR, illustre à merveille ce changement qui fut loin d’être superficiel.

Un des acteurs clefs de cette métamorphose fut sans conteste Guillaume Faye qui avec des essais et articles chocs remit de l’avant l’ethnicité au centre du combat. Refusant toute œillère, toute limite au débat, il prit le taureau par les cornes et appela un « chat » un « chat », alors que tant d’auteurs tournaient autour du pot pour éviter la diabolisation et l’ostracisme. Oui, le système était corrompu, américanisé, atomisé, mais le danger numéro un était la submersion migratoire, qui « s’accomplit autant par les maternités que par les frontières ouvertes ».

Faye

Avant que Renaud Camus n’invente le terme « Grand Remplacement », Faye avait déjà bien théorisé le phénomène. Avant que Merkel, Sarkozy et Blair n’admettent l’échec du multiculturalisme, Faye l’avait bel et bien énoncé.

Les troubles ethniques, la délinquance et l’émergence d’un Islam radical étaient en fait les prémices d’affrontements ethniques à venir. Bien avant les émeutes de 2005, il envisageait la recrudescence de ces actes, conséquences d’une assimilation impossible, car « une République, un Empire, un Royaume ne peuvent fédérer des peuples que si ces derniers sont ethniquement apparentés ».

Aux discours et à la vision métapolitique véhiculée par ses compatriotes, Faye opposait la dure réalité. Les conflits ethniques et la submersion migratoire n’auraient rien à voir avec les débats académiques opposant les tenants de la Révolution conservatrice contre les adeptes d’un socialisme européen. Cet intellectualisme minant le camp national était pour lui une tare. Les grands mots ne changeraient rien quand la situation dégénérerait.

Tout partait d’abord et avant tout du fait ethnique, de la survie des peuples européens qui est menacée sur leurs territoires ancestraux, leurs derniers retranchements. Le reste n’était que discussion stérile sur le sexe des anges.

Maintenant que l’on sait que dans les prochaines décennies les peuples européens seront minoritaires dans leurs propres pays, les prédictions de Faye ne tiennent plus des prophéties hypothétiques, mais bien d’une simple constatation.

Pourtant, il nous lançait un appel dans La colonisation de l’Europe, nous enjoignant de ne pas baisser les bras et de choisir l’action, la préparation des jours à venir : « Mais ne soyons pas excessivement pessimistes : la mémoire, l’identité et la volonté d’un peuple peuvent retrouver parfois des rejaillissements inattendus si une minorité rebelle maintient la flamme et procède, les temps venus, à un nouvel embrasement. »

Voilà ce qui à mon sens doit être retenu de l’œuvre de Faye, une œuvre brûlante par sa passion et par l’urgence qu’elle transmet.

Rémi Tremblay

D’abord mis en ligne sur EuroLibertés, le 19 avril 2019.