Principes de l’action fasciste par Julien DARVANT

La nouvelle revue du mouvement Zentropa, Z [NDLR – devenue Zentromag], consacrait son numéro un aux raisons de se déclarer fasciste dans notre ère postmoderne. La revue est jeune, tout comme son lectorat, et le choix de ce thème vient nous rappeler que le fascisme fut toujours un mouvement de jeunesse. Depuis sa conceptualisation il y a cent ans de cela, le fascisme sut attirer à lui les générations émergentes et ce même à la fin du stupide XXe siècle, alors que les jeunes rebelles se revendiquaient comme fascistes.

D’où vient cet engouement, d’où vient cette attirance ?

Un esprit simple pourrait l’expliquer par l’attrait de l’interdit, de briser les tabous, ce qui n’est pas en soi totalement faux, le fascisme étant devenu depuis la fin de la Seconde Guerre le tabou par excellence. Mais ce serait réducteur de justifier ce phénomène par un simple désir de choquer. La raison, Michel Schneider, ancien cadre de la Fédération des étudiants nationalistes, puis d’Occident et du Mouvement Jeune Révolution et animateur des Cahiers du Centre de Documentation politique et universitaire, nous la livre dans un ouvrage récemment réédité par Ars Magna.

Comme le disait Oswald Mosley, il n’existe pas un seul fascisme, mais des fascismes qui sont empreints de la culture et de la tradition de la nation où il se développe. Schneider va plus loin, « le fascisme d’une génération n’est pas celui de la génération suivante ». Contrairement à ce que ses opposants croient, le fascisme n’est pas un système rigide immuable; il s’adapte aux différentes réalités de l’époque et n’est pas coulé dans le béton. D’où l’importance de ne pas limiter son étude à ses expériences passées et de l’analyser non pas selon les programmes politiques qui s’en inspirèrent, mais selon les principes de base, l’âme derrière ce mouvement protéiforme.

Schneider

Le fascisme est d’abord et avant tout un élan énergique contre la médiocrité du monde rouge – libéral ou communiste – qui fait de l’homme un simple rouage d’une machine économique déshumanisée. Le fascisme est un appel à l’héroïsme, au dépassement de soi, à l’abnégation, à écrire l’histoire en transcendant le matérialisme bourgeois. « Le fascisme c’est vivre plus vite, vivre plus fort », écrivait à raison Pierre Drieu La Rochelle.

Cette idéologie se base sur une éthique et une esthétique promues notamment par Robert Brasillach, Pierre Drieu La Rochelle et José Antonio Primo de Rivera qui sut faire une synthèse cohérente de l’éthique et de l’esthétique fasciste. Ces trois hommes, les seuls auxquels Schneider accole l’étiquette d’intellectuels de façon positive, ont su se compromettre, donner leur vie pour leurs idées. Ils n’ont point été de ceux qui commentent confortablement derrière l’écran, ni de ceux qui refusent de s’engager; leur vie fut le sacrifice venant sanctifier leur combat. Et via leurs écrits, ils enjoignent les Européens à renouer avec le désir de grandeur, de dépassement de soi qui a fait la gloire de l’Europe pendant des siècles. L’homme ne doit pas être un spectateur, mais celui qui écrit l’histoire.

Voilà un défi digne de la jeunesse et c’est la raison pour laquelle ceux qui ne se reconnaissent pas dans la société mercantile où tout se jauge en dollars, de l’amour à la réussite sociale, rejoignent malgré la diabolisation et l’ostracisme les rangs des réprouvés.

Julien Darvant

Michel Schneider, Principes de l’action fasciste suivi d’un Essai de synthèse pour un néo-fascisme, Ars Magna, coll. « Les Ultras », 217 p., 2018.