Pour un souverainisme européen par Eugène GUYENNE

Si Le Parti des Européens (LPE), et en premier lieu son dirigeant Thomas Ferrier, dénonce le souverainisme français (et toute forme de souverainisme stato-national dans sa forme actuelle), il n’en reste pas moins que le « souverainisme » en soi, n’est pas un problème.

En effet, la volonté d’être « souverain » chez soi, est naturel.

Puisqu’elle affirme la défense de son identité et de son entité politique (cette dernière est très courante aujourd’hui, de façon centraliste) qui nous représente, ou du moins est censé nous représenter.

C’est donc l’identité qui fonde la souveraineté et non l’inverse, erreur récurrente des souverainistes français, en omettant l’identité intégrale de la France, à savoir qu’elle est fondamentalement de nature européenne (celtique, romaine, germanique, gréco-latine et pagano-chrétienne avec des particularités régionales spécifiques).

En tant que défenseur de l’Europe et de son unité politique, LPE doit pouvoir se revendiquer « souverainiste européen » !

Puisque LPE affirme l’identité européenne (native, civilisationnelle, ethnique) qui, comme la française, l’anglaise ou la russe, n’est pas « nationale » au sens second, d’unique et centralisée.

aigle-euro

Par ce biais de la défense de l’identité européenne, il faut revendiquer la légitimité (certes factuelle, concept vu précédemment dans l’article sur la légitimité des provinces européennes), la souveraineté de l’Europe et des Européens, sur le plan ethnique, culturel, géopolitique et institutionnel (politique, militaire, économique). Ces deux premières parts de la « souveraineté européenne » sont factuelles et il faut pouvoir les maintenir.

Reste la question de la souveraineté institutionnelle. LPE la revendique aussi.

Certes elle n’existe pas intégralement, puisqu’au sein de l’UE seules les institutions économiques (monnaie euro + banque BCE) et juridiques (CJE) existent. Mais une structure qui n’a que le corps et pas de tête n’a pas de sens !

Et c’est pourquoi LPE, qui paraît très UE-phile aux yeux de certains, veut prendre les rênes de l’UE en se servant seulement d’elle comme d’un outil pour doter l’Europe de cette tête politique qui fait défaut et avec comme finalité un gouvernement européen, donc un État européen, avec ses ministères et ses pouvoirs régaliens et où les actuelles banque et cour de justice européennes auraient enfin tout leur sens.

Et par modification à leur tête, les stratégies idéologiques changeraient de fait, puisque la réalité d’hier n’est pas forcément celle d’aujourd’hui et la réalité d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain.

On peut critiquer l’UE, à juste titre car elle ne reflète pas aujourd’hui réellement l’Europe et les Européens, mais rien ne dit qu’elle ne changera pas à l’avenir, dans un sens positif justement, où la nature de l’Europe (la nature se remarquant par son identité) serait véritablement incarnée par LPE.

C’est pourquoi il est bon de pouvoir se revendiquer « souverainiste européen » à l’heure où le seul champ de la promotion politique européenne est incarné par les macronistes (qui sont purement dans une logique manichéenne de division) !

Eugène Guyenne

D’abord mis en ligne sur le blogue de Thomas Ferrier, le 5 août 2019.