Pour manifester autrement par Bastien VALORGUES

Europe Maxima souhaite à ses fidèles lecteurs une belle année 2020 et leur formule en ces temps sinistres des vœux de Grande Santé, de Force et de Résistance.

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À l’instar des samedis précédents, le 5 décembre dernier, le XXe arrondissement de Paris connut des violences inouïes au même titre d’ailleurs que d’autres quartiers de la capitale au cours de manifestations similaires.

La proposition de loi macronienne d’« insécurité globale » avec ses articles litigieux quand ils ne sont pas abominables soulève la colère des professionnels de l’agitation subventionnée. Extrémistes de gauche, sympathisants proches ou non de l’« autonomie désirante » et Black Blocs détruisent le mobilier urbain, brisent les vitrines des magasins, saccagent les agences, brûlent des véhicules et lapident les policiers. La répétition hebdomadaire de ces exactions prévisibles interroge sur la mansuétude des gouvernants et l’étonnant laxisme de la préfecture de police de Paris. Cette complaisance avérée s’explique. Une part non négligeable des manifestants violents est plus ou moins liée à l’antifascisme groupusculaire. Ils jouent ainsi aux garde-chiourmes du Régime macronien après avoir sévi sous le catastrophique quinquennat hollandiste. Sur ce point, la lecture du nouvel essai de Franck Buleux, La guerre sociale qui vient. D’Action Directe aux Black Blocs, la violence des ultras ! (Dualpha Éditions, coll. « Patrimoine des héritages », 2020, 202 p.), s’avère impérative.

Buleux

Ces violences affectent les droits de manifester et d’exprimer son mécontentement. Le droit de manifestation, surtout s’il conteste le gouvernement, relève de façon intangible aux libertés publiques nationales. Il est cependant temps d’envisager une autre manière de manifester au XXIe siècle. Déambuler d’une grande place à une autre à travers rues et avenues en criant des slogans sur un fond de sono bruyant et inaudible provoque des nuisances sonores pour les riverains, le blocage de la circulation automobile, la fermeture préventive des stations de métro et l’interruption des transports en commun. Pourquoi alors ne pas utiliser de grandes enceintes sportives comme les stades de football ?

Les grandes manifestations parisiennes se tiendraient au Stade de France, au Stade des Princes ou au Palais omnisport de Bercy en échange d’une location journalière minimale. Cette obligation limiterait la pollution sonore, l’entrave aux déplacements individuels et assurerait une plus grande quiétude aux participants puisque cette fixation éviterait d’éventuelles contre-manifestations inopinées.

La tenue des manifestations dans des espaces clos améliorerait la répartition des unités de police. L’entrée précise des manifestants rendrait caduque la divergence habituelle entre le nombre revendiqué par les organisateurs et celui annoncé par les autorités. Oui, il est temps de manifester dans la sérénité, le calme et la sécurité, de manifester… autrement.

Bastien Valorgues