Plaidoyer pour Pluton par Daniel COLOGNE

L’Union astronomique internationale (U.A.I.) a donc décidé d’exclure Pluton du système solaire et de lui ôter le statut de planète sous les fallacieux prétextes de sa petitesse et de son excentricité orbitale.

Je déplore cette décision : événement scientifique important de 2006 et de son pluvieux mois d’août, mais aberrante mesure destinée à semer encore davantage, pour les décennies futures, une confusion déjà dominante en matière d’historio-cyclologie (1).

Épisodiquement, l’excentricité orbitale de Neptune dépasse celle de Pluton. Ce fut notamment le cas en 1978. On connaît à Pluton un satellite (Charon). Pluton tourne autour du Soleil en 242 ans, soit le triple de la révolution d’Uranus (84 ans). Le cycle neptunien est de 168 ans, soit 2 x 84 et les deux tiers de 252. Les grandes années des révolutions planétaires entretiennent des rapports mathématiques. Ces derniers gêneraient-ils la communauté scientifique ? Y aurait-il, dans ce malaise devant la grande architecture de l’Univers (2), un des motifs occultes du bannissement de Pluton ?

Certains voient dans cet événement un désaveu de l’astronomie étatsunienne dans la mesure où la prévision de Pluton par calcul (1915) et sa découverte effective (1930) sont l’œuvre de savants américains. Les trouvailles d’Uranus (1781) et de Neptune (1846) par les sciences de la « vieille Europe » (Allemagne, France) alimentent l’obsession d’une concurrence transatlantique qui tournerait en 2006 à l’avantage de nous autres Européens.

C’est ignorer ou perdre de vue que, depuis 1972, Américains et Russes travaillent sur la probabilité de deux ou trois planètes transplutoniennes (3). Le système solaire semble donc bien appelé à comporter douze planètes, mais pas du tout par l’incorporation de Cérès, Charon et 2003 UB313 (Xena), comme le préconisaient les mauvais avocats de Pluton par eux ravalé au rang de modeste astéroïde.

Exclure Pluton de la série des planètes porte préjudice à la précieuse recherche sur le cycle conjonctionnel Neptune – Pluton d’environ cinq cents ans.

Au cours de ce demi-millénaire, la conjonction Neptune – Pluton progresse d’environ cinq degrés dans le zodiaque tropical et régresse d’environ deux degrés dans le zodiaque sidéral. Ces récurrences obtenues par extrapolation sont d’une surprenante régularité. La conjonction de 1399 a lieu à trois degrés des Gémeaux. Celle de 1892 se produit à huit degrés des Gémeaux, au voisinage de l’étoile royale Aldebaran.

D’une capitale importance pour la compréhension de la modernité, le cycle conjonctionnel Neptune – Pluton, au centre duquel se situe notamment le règne de Louis XIV, pourrait présenter une moyenne trois fois supérieure à celle du cycle Uranus – Neptune, lequel pourrait à son tour être, en moyenne, la quadruple du cycle Saturne – Uranus.

Je me limite provisoirement à ces quelques considérations de nature à faire subodorer la véritable motivation de l’U.A.I. : évincer Pluton pour entraver la recherche en direction de l’existence d’un ou de plusieurs « pilier(s) de la structure cosmique » (4).

Daniel Cologne

Notes

1 : En raison des errances de l’astrologie mondiale (excepté l’une ou l’autre personnalité comme le Français André Barbault), il faudrait peut-être lui trouver une nouvelle appellation pour bien marquer la distance entre les chercheurs sérieux et les bateleurs télévisuels du type d’Élie Lison ou Jany Bessières, pour citer cette fois des exemples belges.

2 : Cette expression n’implique de me part aucune complicité avec le déisme maçonnique, évanescente copie du créationnisme biblique et coranique.

3 : Voir Robert Ambelain, Koré, la dixième planète, Éditions Bussières, et Michel de Socoa, Les grandes conjonctions, Éditions traditionnelles. Michel de Socoa propose d’appeler Proserpine et Minerve les deux transplutoniennes, dont la première (Proserpine) aurait une révolution annuelle d’environ trois cent trente ans (quatre fois celle d’Uranus et deux fois celle de Neptune).

4 : Voir ma recension du livre de Pierre Delmas, Le Nombre d’Or, les sciences et l’astrologie, Éditions du Rocher, 2004, mise en ligne sur le présent site le 15 août 2005.