Lettre ouverte au Grand Chancelier de la Légion d’Honneur par Tomislav SUNIC

À Monsieur le Grand Chancelier de la Légion d’Honneur,

le général d’armée Jean-Louis Georgelin,

Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur

1, rue de Solférino

75700 Paris 07

FRANCE

Objet : la révocation de la Légion d’Honneur, de l’ordre du Mérite et de la Médaille Militaire accordés à l’ancien président yougoslave Josip Broz Tito.

Monsieur le Grand Chancelier,

Je vous prie d’envisager la révocation à titre posthume de la Médaille Militaire, de la Grand Croix de la Légion d’Honneur et de l’Ordre du Mérite accordés, le 7 mai 1956 et le 6 décembre 1976, à l’ancien président yougoslave Josip Broz Tito.

Au vu de la récente démarche effectuée auprès du gouvernement allemand par les Allemands du Danube (Donauschwaben) ainsi que des protestations de nombreux Croates à travers le monde, je suis d’avis qu’il serait opportun pour votre Ordre d’envisager ce geste.

Notre pétition quant à ces révocations trouve sa base juridique dans le décret n° 63-1196 du 3 décembre 1963, article 22/2, relatif à l’Ordre du Mérite. Le même texte figure dans le Code de la Légion d’Honneur, article R 135-2 et vaut aussi, semble-t-il, pour la Médaille Militaire.

Je vous rappelle que suite à l’établissement de la Yougoslavie communiste en 1945, environ  50 000 civils allemands ont péri dans les purges titistes et dans les camps de concentration yougoslaves. De nombreuses fosses communes sont en cours d’investigation en Slovénie et en Croatie : elles contiennent  les dépouilles  de dizaines de milliers de civils et de militaires croates qui ont péri dans les purges massives de l’été 1945. Ces massacres eurent lieu en contradiction flagrante avec les lois de la guerre.

Je vous rappelle également la posture ouvertement anti-française adoptée par Josip Broz Tito lors du conflit en Algérie : en effet, de 1954 à 1962, la Yougoslavie a apporté un soutien massif aux rebelles du F.L.N. qu’elle n’a cessé d’approvisionner en armes comme en témoigne l’arraisonnement de nombreux navires yougoslaves (Slovenija, Martin Krpan, Makedonija) et la saisie du matériel de guerre qu’ils venaient livrer aux insurgés. Combien de soldats français sont-ils morts à cause des armes fournies par Josip Broz Tito ?

Par ailleurs, plusieurs émigrés croates résidant en France ont été assassinés par les agents de la police secrète yougoslave (l’U.D.B.A.) : Nedjeljko Mrkonjic (1968), Ivan Tuksor (1976), Bruno Busic (1978), Mate Kolic (1981); d’autres ont été kidnappés et ont disparu : Zlatko Milkovic (1949), Zvonimir Kucar (1963), Geza Pasti (1965); d’autres encore ont été grièvement blessés lors de tentatives de meurtre : Nikola Vidovic (1972), Dane Sarac (1975). Ces crimes ont eu lieu à l’initiative du gouvernement de Josip Broz Tito, au mépris du droit d’asile accordé par la France et au mépris de sa souveraineté.

Le comportement de Josip Broz Tito et des titistes peut donc être décrit comme contraire à l’honneur et de nature à nuire aux causes que la France soutenait dans le monde.

Veuillez agréer Monsieur le Grand Chancelier, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Tomislav Sunic

N.D.L.R. : On ne peut qu’approuver, soutenir et encourager la démarche de notre ami Tomislav Sunic. Outre les griefs avancés par lui, on pourrait ajouter que le « Maréchal Tito » n’était pas le véritable Josip Broz et qu’il y a donc eu une usurpation d’identité. Enfin, remarquons que la République française lui a décerné ces décorations sous la IVe République et sous Giscard d’Estaing et non au temps de Charles de Gaulle qui savait très certainement la vérité sur le maître de Belgrade…