Les années 1970 et le P.C.F. par Pierre LE VIGAN

Les années 70. Ceux qui n’ont pas connu cette époque ont du mal à se représenter l’importance qu’a eu, en son temps, le XXIIe congrès du P.C.F. Il se tint en 1976 et fut marqué par l’abandon du concept de dictature du prolétariat. C’était en pleine Union de la Gauche – le Programme commun de gouvernement ayant été signé en 1972. Le XXIIIe congrès eut lieu en 1979. Au printemps 1978, l’Union de la Gauche avait éclaté du fait de la rupture des négociations sur l’actualisation du Programme commun. P.C.F. continua néanmoins sur la voie du XXIIe congrès et abandonna la référence au marxisme-léninisme, pour ne garder que la référence au marxisme et au « socialisme scientifique ». C’était un point d’équilibre. Il dura moins de quinze ans.

À partir de 1994, avec le retrait de Georges Marchais de la vie politique (réélu député en 1993, il meurt peu de temps après, en 1997), le P.C.F. cessa d’être marxiste – d’ailleurs, l’Institut de recherches marxistes devint Espaces Marx, une sorte de nom de salon de coiffure, le P.C.F. cessa même d’être de gauche pour devenir chrétien de gauche. Son déclin s’accéléra et il passa d’environ 7 – 10 % à 2 – 4%. En effet, quand on perd son identité, en politique, on ne sert plus à rien. De même, L’Humanité abandonna en février 1994 dans sa une le dessin de « La faucille et le marteau ». Cet emblème avait été choisi en juillet 1918 par le Conseil des commissaires du peuple de Russie comme armoiries du nouveau régime communiste sur fond de soleil levant. Il ornait la première page de L’Humanité depuis le 4 octobre 1924. De même, les communistes n’utilisent plus l’étoile rouge. Elle avait été adoptée comme emblème par l’Armée Rouge le 29 juin 1918. C’était alors une étoile à cinq branches comportant en son centre une charrue et un marteau de couleur jaune.

Pierre Le Vigan