Le Vigan ausculte la postmodernité par Noël RIVIÈRE

Le Vigan s’interroge sur un phénomène majeur qui est un fait de civilisation et un thème récurrent des idées : il s’agit de la postmodernité. Contrairement aux idéologues s’extasiant devant un hypothétique « retour des tribus », contrairement à ceux qui, à l’inverse, ne voient pas à quel point la modernité a changé pour devenir en partie autre chose, Pierre Le Vigan part du réel. Il ne se penche pas sur le peuple. Il est du peuple. Il ne le connaît pas de loin, des laboratoires (sic !) de sociologie, il le connaît de près. Sans l’idéaliser. Parce que le peuple, c’est la khôra. C’est la matrice du vivant.

Il montre que la corde de la modernité s’est brisée. Mais dès lors, nous ne sommes pas passés automatiquement à une postmodernité. Nous avons gardé tous les fondamentaux de la modernité – une hypermodernité. Nous n’avons pas de nouveaux paradigmes que ceux des modernes, en dehors de l’intégrisme écologiste, nouvelle forme (sectaire de surcroît) de prométhéisme puisque l’homme est censé « sauver la planète », ce qui est lui faire beaucoup trop d’honneur (surtout si le réchauffement, sur lequel nous avons en fait bien peu de recul à l’échelle de la vie de la Terre, vient du rayonnement solaire).

Certains croient aux bienfaits du communautarisme et voient du communautarisme, bénéfique selon eux, partout. Du coup, on ne voit pas bien ce qu’ils reprochent aux temps actuels. Pierre Le Vigan plaide pour une approche plus nuancée. Il montre que nous croyons encore au progrès, encore à la croissance, encore à la compétitivité mais sans l’énergie du progrès. Nous y croyons mollement. Voilà ce que montre Le Vigan. Une lecture qui dérange toutes les idées reçues, de droite, de gauche et d’ailleurs.

Noël Rivière

• Pierre Le Vigan, Soudain la postmodernité, La Barque d’Or, 250 p., 20 € (+ 4 € de frais de port). Pour plus d’informations, contactez : labarquedor@gmail.com

Pour les tarifs spéciaux destinés aux libraires, consulter La Barque d’or.