Le gaullisme en héritage par Daniel COLOGNE

Né en 1938, Bernard Baritaud a derrière lui une œuvre diversifiée et riche d’une vingtaine de titres. Co-auteur de trois polars, il a aussi publié cinq recueils de poèmes et des livres de critique littéraire où revient avec insistance le nom de Pierre Mac Orlan, dont il est aussi le biographe dans la collection « Que suis-je ? » des Éditions Pardès. Des carnets liés à ses expériences professionnelles, des journaux intimes associés aux contrées où il a vécu et des livres de souvenirs complètent cette opulente bibliographie.

C’est le souvenir du Général de Gaulle qui est ici évoqué dans un récit assez bref; 58 pages, dont une dizaine d’illustrations : photos de sa mère Jeannine et de son père Gaston, programme d’une kermesse organisée à Angoulême (ville natale de l’auteur) par ledit Gaston pour le Rassemblement du peuple français (1950), copie d’une circulaire d’André Malraux, atterrissage de l’avion du Général à Cognac en septembre 1944. Bernard Baritaud est resté fidèle au gaullisme paternel, hormis, pendant certaines périodes, comme ce printemps 1962 et son « train fou s’emballant jusqu’à la catastrophe finale, pour les Pieds-Noirs (p. 27) ».

De Gaulle Baritaud

Revenu au gaullisme en 1968, l’auteur porte sur les évènements de mai un regard sans complaisance : « il est vrai que les gaillards croyant trouver la plage sous les pavés étaient surtout de jeuens bourgeois pour qui la grogne naissante représentait une magnifique occasion de chahut (p. 36). » « Le solde de l’exercice de pouvoir par Charles de Gaulle, de 1958 à 1969, me paraît, d’évidence, grandement positif (p. 40) », conclut Bernard Baritaud avant de rendre un ultime hommage au « mémorialiste de haute tenue (p. 42) », au « meilleur écrivain latin du XXe siècle français (Régis Debray) ».

Épinglons aussi la fulgurante évocation de Tixier-Vignancour, avocat des généraux rebelles en cette fin de guerre d’Algérie, de sa « voix de bronze » et de ses « mains d’étrangleurs (p. 30) », si l’on en croit Mauriac, que bernard Baritaud ne pouvait manquer de citer, en fin connaisseur de littérature qu’il a été tout au long de sa vie. Une vie placée sous le signe de la « grande figure d’homme d’État (p. 41) ».

Un livre instructif et de lecture agréable. Une modeste recension que ej laisse le soin de conclure à l’auteur lui-même, qui réside désormais à Bruxelles et que je remercie pour son aimable dédicace. « Octogénaire et mal en point, j’écris toujours sous la photo du Général que j’avais fait encadrer et placer au-dessus de mon bureau lorsque j’étais étudiant à Poitiers (p. 43). »

Daniel Cologne

Bernard Baritaud, Je me souviens du Général, Éditions du Bretteur, coll. « Le Lys noir », 2018, 58 p., 12 €.