Le capitalisme algérien est en état de mort clinique et les mensonges foireux de la libération nationale de 1962 sont définitivement devenus grabataires… par L’INTERNATIONALE IN-CONTRÔLABLE (1re partie)

« Bien que la manière brutale avec laquelle les soldats comme Bugeaud ont mené la guerre soit très blâmable,

la conquête de l’Algérie est un fait important et positif pour le progrès de la civilisation. »

Friedrich Engels, 1848.

« L’Algérie a beaucoup plus reçu de la France qu’elle ne lui a rendu, et les habitants du pays, quoique non traités en égaux, ont à maints égards gagné en liberté depuis l’époque ou commandait le Turc. »

Élisée Reclus, 1886

« Ce n’est pas l’État national, mais l’État brigand qui

correspond le mieux au développement du capitalisme. »

Rosa Luxemburg, 1908

L’Algérie c’est le Maghreb en ce qu’il y a de pire et de plus loufoque… C’est un des plus mauvais films du fétichisme de la marchandise spectaculaire contemporaine… C’est une interminable horreur de propagande minable qui vient d’abord signaler qu’il y a aujourd’hui en France de plus en plus d’Algériens qui sont arrivés de là-bas en votant avec leurs valises et qui bi-nationaux ou pas, veulent venir constamment grossir le flux de la grande fuite des millions d’Algériens qui n’ont cessé depuis 1962 de vouloir déguerpir du libre bidonville indépendantiste. La candidature à un cinquième mandat possible du chef de gang capitaliste Abdelaziz Bouteflika, mort-vivant en perpétuel promenade sur un fauteuil roulant ridicule qui n’a jamais désiré être coûteusement hospitalisé qu’en France ou en Suisse, exprimait bien symboliquement toute la décomposition d’un système mafieux tout entier construit depuis les mensonges de la libération de 1962, sur l’imposture politique, le naufrage économique et le délabrement général de toutes les sphères du quotidien asservi. Même si la dépouille de Bouteflika qui bouge encore un peu a fini par renoncer à briguer ce cinquième mandat en décidant de reporter sine die le scrutin de la présidentielle prévue le 18 avril, ce qui calme momentanément la surface des choses, la chute annoncée de l’hallucination algérienne est bien superbement amorcée.

Les manifestations actuelles qui ont démarré à partir du rejet d’une nouvelle candidature au profit du paralytique et de son escouade de profiteurs du régime bureaucratique morbide FLNiste signalent objectivement que le temps de survie de la boutique Bouteflika et Compagnie semble bien compté. Et ce d’autant plus que la maladie de la méfiance généralisée touche désormais toutes les fractions du pouvoir déliquescent qui tentent d’assurer leur dérisoire survie… Et là, tout le monde est touché aussi bien les forces de sécurité qui semblent de plus en plus paniquées comme l’armée d’ailleurs qui constitue de moins en moins la sûre entité monolithique rêvée.

Aux effets de la crise mondiale du Capital se sur-ajoutent les spécificités d’une histoire algérienne complètement rongée par toutes les mystifications issues de la prétendue libération nationale qui ne fut rien d’autre que la prise de pouvoir sanglante par des bandes militaro-policières qui massacrèrent tout ce qui n’entrait pas dans leur projet de domestication sociale. Le FLN qui a exterminé le MNA et ainsi assassiné des dizaines de milliers d’Algériens qui refusaient la loi de sa terreur durant les années 1950-60, en a ensuite liquidé d’autres dizaines de milliers durant les années 1990, période des grandes manœuvres du terrorisme islamique étatique. En conséquence, après presque soixante-ans de mythomanie indépendantiste, l’Algérie est totalement ruinée, éclatée et divisée… Et quelque soit la fraction gouvernementaliste qui va hériter du champ de ruines algérien, elle aura d’abord la très lourde tâche radicalement impossible d’essayer d’éviter le naufrage définitif d’un pays chimérique et sans histoire véritable, divisé entre un arabisme artificiel et sclérosant et un berbérisme étroit qui n’a jamais pu sortir du colonialisme coranique avec, bien entendu, dissimulé derrière les paravents de toutes les manigances du cosmopolitisme de la marchandise, toutes les manipulations islamistes locales et internationales de tous les services spéciaux du gouvernement du spectacle mondial en ses multiples ramifications.

Le taudis algérien demeure bien aujourd’hui, tout comme il le fût hier, un banal et piteux commerce capitaliste d’État mixte, extravagant et bancal, charpenté d’ultra-centralisation au sommet et de clientélisme bordélique à la base, échafaudé sur la mono-culture extractive de la rente pétrolière au bénéfice exclusif de toutes les corruptions de la pègre régnante. Le gouvernement Bouteflika à la suite des bouffonneries spoliatrices et sanguinaires constamment reconduites des Ben Bella, Boumédiène, Bitat, Chadli, Boudiaf, Kafi et autres Zéroual, a de la sorte toujours fonctionné à partir de la plus-value générée par la classe ouvrière dressée et éduquée dans l’assujettissement despotique oriental du technocratisme musulman étatique le plus borné qui soit depuis des décennies d’escroquerie et de supercherie

L’Algérie contemporaine sous discret contrôle de l’OTAN et de l’impérialisme américain qui fut toujours un ferme soutien du FLN afin de réduire l’aire d’influence française, est un enchaînement et un enchevêtrement de fabulations et de mythes qui constituent le fond de commerce des rentiers idéologiques de la tromperie indépendantiste qui, des deux côtés de la Méditerranée, cogèrent la fable des progrès de la marchandisation totalitaire la plus moderne. La soupe capitaliste étatique léniniste fut longtemps à la mode et ceci évidemment contre l’intelligence radicale de Rosa Luxemburg qui toujours dénonça les luttes de libération nationale comme un simple bobard de la marche en avant du Capital vers une escroquerie de plus en plus prononcée dans la réalisation autocratique de la valeur d’échange bien aboutie.

Algérie 2

En cette perspective, il convient d’abord de mentionner que la guerre d’Algérie fut gagnée militairement par la France et que les Algériens qui combattirent dans les rangs de l’armée française furent plus nombreux que les indépendantistes. En 1962 tout le potentiel militaire des wilayas et de leurs katibas avait été balayé par le Plan Challe. Si Salah, chef de la Wilaya IV s’était même rendu à l’Élysée pour proposer un arrêt des hostilités. C’est De Gaulle tout entier fixé sur son projet de fédérer les non-alignés à l’échelle internationale qui entendait larguer au plus vite le fardeau algérien qui a, par conséquent, bradé précipitamment les département français d’Algérie en les abandonnant à l’ALN des embusqués de l’armée de l’extérieur qui, en sécurité au Maroc et en Tunisie, ne pénètrent finalement en territoire algérien qu’en vertu des accords d’Évian qui les gratifièrent d’ailleurs en prime du pétrole du Sahara… Ensuite, il faut redire que l’Algérie créée par la colonisation française de 1830 n’a jamais existé autrement antérieurement que sous la forme de territoires historiques éclatés et dominés par des entités extérieures. Avant la conquête française, ce pays n’était pas autre chose qu’une province de l’Empire ottoman et il est incontestable que c’est l’administration française qui a progressivement fait surgir un territoire cohérent avec des infrastructures homogénéisantes.

Jusqu’au VIIIe siècle après Jésus-Christ, la population qui vivait dans la région était d’origine berbère, phénicienne, romaine, vandale, byzantine et de religion très majoritairement chrétienne. Ce furent les invasions Arabes qui occupèrent toute l’Afrique du Nord et convertirent de force toutes ces populations en détruisant l’intégralité de leur mode de vie social et culturel ancestral. De la sorte, et après plusieurs siècles de domination despotique orientale, le temps immobile arabo-islamique avait tout colonisé et il ne demeurait plus rien de l’époque chrétienne, numide, grecque et romaine mis à part d’émouvantes ruines comme Timgad, Thibilis ou le théâtre romain de l’antique Calama.

Ultérieurement, et dans le cadre des multiples conflits méditerranéens qui réorganisèrent le Sud de l’Europe au XVIe siècle, et profitant des nombreuses oppositions existant entre les différentes tribus, les Ottomans prirent le contrôle de la région et établirent la Régence d’Alger.

C’est ainsi que sur le mode de production prédateur de la razzia se développa, durant près de trois siècles, la piraterie barbaresque, arraisonnant tous les navires de commerce en Méditerranée, et générant, en plus du butin matériel un important trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants qui venait se rajouter aux grandes déportations continues des Sub-Sahariens. Ainsi, dans l’Alger turco-pirate des cheptels humains commercialisés, il y avait au XVIe siècle plus de 30 000 esclaves stockés à la chaîne. C’est en dernier lieu, en fonction du développement des forces productives de la marchandisation, de la crise systémique des sociétés islamiques et de la sclérose ottomane que le débarquement des troupes françaises en 1830 mit définitivement fin à cette plate-forme trafiquante devenue désuète.

Analyser objectivement le colonialisme français, c’est le faire compte-tenu des développements historiques mondiaux de la valeur d’échange, c’est en effet sur la base concurrentielle des divers affrontements géo-politiques du Capital, qu’à l’inverse du colonialisme judéo-protestant de l’exterminationnisme anglo-saxon qui détruisit les Indiens et les Aborigènes, la France coloniale, née sur le sol catholico-colbertiste, développa un empire extérieur bien moins ravageur et qui ne décima pas d’ailleurs les populations qu’elle venait de conquérir même si bien entendu l’on put rencontrer ici ou là des périodes de répression adéquates à la dynamique déterminée de l’expansion. En Amérique du Nord, l’on se souviendra notamment des multiples insurrections pro-françaises des tribus de la région des Grands Lacs contre les Britanniques alors que ces dernières escomptaient encore un possible renversement des conditions du traité de Paris de 1763. Ainsi, au contraire des politiques de saccages et d’anéantissement systématiques de la Perfide Albion et de son rejeton yankee, la France eut toujours une gestion intégrationniste qui notamment, grâce à l’accompagnement médical et sanitaire, concerna l’ensemble de la population, amenant cette dernière en Algérie de moins d’un million en 1830 à dix millions en 1962. De plus, la France y draina, assécha, fertilisa des sols à l’abandon depuis des siècles, transformant une agriculture figée dans un pastoralisme déprédateur en une agriculture riche, prospère et exportatrice pendant que le pays de dotait d’infrastructures nombreuses et variées en transports, industries et logements. En 1961, l’Algérie achetait pour 421 milliards de francs à la métropole, qui lui en versait 638 pour rétablir les déséquilibres de son budget et de sa balance des paiements.

Le développement du colonialisme puis de l’impérialisme n’ont évidemment pas suivi une trajectoire identique pour toutes les métropoles concernées. Comme Marx le positionne fort bien tant dans les Grundrisse que dans Le Capital, Londres, Paris et Madrid ont construit leurs espaces maritimes et commerciaux extérieurs sur la base et en fonction de leur niveau historique de développement caractérisant la dynamique générale de leurs forces productives. Ainsi, ce n’est point hasard si la colonisation des puissances les plus modernes, en tant qu’expression de la pure tyrannie démocratique du profit, fut la plus terrible et si celle des plus attardées en tant qu’expression encore dépendante des anciens régimes d’avant le Capital fut relativement moins brutale. Il suffit de savoir qu’au Pérou, près de la moitié de la population est métissée et que les indigènes sont prédominants dans les régions andines pendant que les métis, les Mélanésiens, Walisiens et Futuniens sont largement majoritaires en Nouvelle-Calédonie alors qu’après les grandes transportations sanguinolentes, le reliquat des derniers Cheyennes, Sioux, Comanches et Apaches périclite dans des réserves caricaturales autour des casinos, dans l’égarement de la drogue et de l’alcoolisme, ceci dans la détresse généralisée.

Dans la division mondiale de la géo-politique de la marchandise, la colonisation fut ainsi, au plan économique national, une très bonne affaire pour certains capitalismes mais comme le Capital global n’est pas un bloc singulier la colonisation se révéla souvent dans la durée comme une béquille illusoire pour les industries non-concurrentielles et une entrave pour les autres. De même, en perspective planétaire longue, si le « Siècle d’Or » espagnol fit de Madrid la puissance européenne et mondiale centrale du XVIe siècle, les contradictions dialectiques internes à cet apogée conduisirent inévitablement au XVIIIe siècle à la décadence obligée lorsque l’Espagne perdit progressivement toute son influence tant en Europe qu’outre-mer dans une crise économique permanente de la valorisation qui touchait en particulier la structuration même du coeur gestionnaire de ses colonies. Ce qui allait l’isoler finalement du Siècle des Lumières marchandes à mesure que la rivalité avec la Grande-Bretagne faisait de Londres, le lieu hégémonique maritime du despotisme commercial et financier de l’espace-argent le plus terrifique. C’est pourquoi et par delà les oppressions diverses et variées que Madrid et Paris firent peser sur les espaces de colonisation espagnols et français, jamais les cruautés de leur capitalisme incomplet ne purent concurrencer la complétude des atrocités et des abominations anglaises des guerres de l’opium ou de la guerre américano-philippine.

Bref, Londres qui fit sa révolution capitaliste bien avant Paris puis Washington qui doubla tout le monde dans la réussite démocratique du génocide capitaliste absolu de la conquête de l’Ouest, furent à la pointe du progrès moderne du terrorisme de la marchandise. Et au nom du temps précipité de la valeur qui brise et avale tous les espaces, l’Angleterre puis les ÉtatsUnis se montrèrent là essentiellement comme des impérialismes exterminateurs et pilleurs absolutistes pendant que Paris, en vertu de son retard historique et en préservation de modèles administratifs et culturels rattachés à une tradition historique non encore totalement digérée par le procès de la valorisation capitaliste, se plia à un mode de colonisation encore pour une large part pré-marchand et surtout plus soucieux donc d’additionner de l’espace géo-politique à rentabiliser en tant que domaine territorial à majorer plutôt qu’à vampiriser abruptement dans la durée accélérée de l’extorsion.

Il est d’ailleurs là intéressant et risible de constater que les banlieues immigrées hexagonales qui ont la haine ignare et bien distillée de la colonisation française pourtant circonscrite sont simultanément épris d’un amour infini pour le modèle idéologique yankee de la tune et du hiphop alors même qu’elles sont foncièrement in-instruites de toutes les vérités destructrices et illimitées du modèle anglo-saxon.

Pour ce qui concerne l’Algérie, et c’est d’ailleurs ce qui est le plus intéressant, les travaux pratiques et fouillés de Jacques Marseille, confirment là ce que Marx indiqua toujours au regard de la théorie du développement historique dissemblable des divers colonialismes lesquels produisirent notamment et contradictoirement le surgissement anglais du colonialisme éradicateur et l’irruption française de la colonisation assimilationniste. Pontiac, homme de guerre émérite des Indiens Outaouais qui toujours avait fait le choix du Canada français contre l’impérialisme de la tuerie britannique ne s’ y était pas trompé. Le temps de Pontiac fut celui de l’émergence d’une coalition de multiples tribus autochtones qui voulaient arrêter l’expansion démocratico-capitaliste vers l’ouest des colons anglo-saxons qui envahissaient les territoires ancestraux.

Les Outaouais se soulevèrent finalement contre le colonialisme totalitaire de l’argent illimité pour que reviennent les Français afin de rétablir un certain équilibre social pré-capitaliste. Au début, la révolte fut fulgurante; les forces de Pontiac s’emparèrent de presque tous les postes anglais de la région des Grands Lacs et les détruisirent. Les Britanniques mobilisèrent toutes leurs forces et utilisèrent pour éteindre cette insurrection généralisée tous les moyens possibles, dont la dissémination politiquement planifiée de la petite vérole. Pontiac fut assassiné en 1769 par un homme de main à la solde de marchands américains. Pontiac fut ensuite enterré avec les honneurs militaires dus à son rang sur les rives du Mississippi par la garnison française des forts de Vincennes et de Chartres. Pour comprendre radicalement ce qu’est l’insanité du capitalisme abouti de l’ordre américain du fétichisme de la marchandise, il faut se souvenir que Pontiac n’existe plus, dans l’imaginaire de l’inculture américaine que comme le nom d’un constructeur automobile fondé en 1906 et disparu en 2010. À titre de comparaison, Abdel Kader, après avoir été ennemi de la conquête française vit le gouvernement français luit allouer une pension et recevoir la grande croix de la Légion d’honneur… Dans la dialectique générale de l’oppression capitaliste, tous les États sont bien pourris mais l’Angleterre puis les États-Unis furent toujours les plus ignobles et les plus rances et la City qui passa ensuite le flambeau à Wall Street constitua toujours l’avant-garde du féroce cosmopolitisme le plus dégueulasse de la marchandise(à suivre)

L’Internationale In-contrôlable