Joseph Weterings : un balcon sur l’Occident par Daniel COLOGNE

On peut mener de front une brillante carrière administrative et un remarquable cursus artistique. La preuve en est fournie par Joseph Weterings, pionnier des sociétés intercommunales bruxelloises de distribution d’énergie, mais aussi écrivain, auteur de livrets d’opéra et critique musical.

Né à Anseremme (Belgique) le 17 avril 1904, Joseph Weterings assure la partie littéraire des œuvres du compositeur français Albert Roussel (1863 – 1936) et du Russe Vladimir Vogel (1936 – 1984). Sa participation à l’Æneas et à Elpénar ou la flûte de Circé, tous deux de Roussel, atteste son intérêt pour la culture gréco-romaine.

Sa collaboration à Wegadus Untergang durch die Eitelkeit, de Vogel, le plonge dans l’univers d’une épopée kabyle où l’orgueil est dénoncé comme le Mal irrémédiable, à l’instar de la titanesque démesure stigmatisée par les Grecs. La Chute de Wegadu par l’Orgueil incite Joseph Weterings à se pencher sur les travaux de l’anthropologue allemand Leo Frobenius (1873 – 1938). Il traduit intégralement Atlantis, où est soulevé l’hypothèse d’une origine commune de certaines mythologies d’Europe et d’Afrique du Nord.

Retiré à Seillens dans le Var (France), où il avait acheté un mas, Joseph Weterings s’éteint le 9 mai 1967, un an à peine après sa mise à la retraite par la compagnie bruxelloise Electrogaz, dont il était devenu directeur.

L’œuvre de Joseph Weterings est une passerelle jetée entre les traditions des peuples riverains de l’Atlantique et de la Méditerranée, entre ces légendes où se cache peut-être un « grain d’or » de la spiritualité d’Occident.

Daniel Cologne

Sources

Electrogaz News, n° de décembre 1966.

• Archives personnelles de Marie-Louise Huyghens, filleule de Joseph Weterings et collaboratrice à la revue Molenbecca.