Jeanne d’Arc : imposture politique ou vérité historique par Gustave LEFRANÇAIS

Extra-ordinaire emplacement de vie radicale et enjeu de mémoration piégée où se mettent continuellement à l’épreuve les embrasements de l’épopée insurrectionnelle des communautés paysannes de l’Être et leur enserrement par les diverses mystifications politiques des progressions nationales de la société de l’Avoir, Jeanne bouleverse et émeut parce qu’elle incarne le principe sacral de l’insoumission totale qui anime la grande communauté des cœurs insurrectionnaires qui refusent d’imaginer que la vraie vie pourrait se confondre avec les réussites sociales des lois mondaines du pouvoir de l’argent.

En un temps artificieux et tordu qui annonce déjà le triomphe à venir des mensonges et des déguisements de la marchandise, Jeanne demeure toute rectitude en vérité d’exigence. En un âge de phraséologies égarantes où le pouvoir royal travaille depuis longtemps, dans la longue durée insidieuse, à faire finalement jaillir la victoire autocratique du spectacle démocratique du capital et de ses jacasseries médiatiques, Jeanne dit simplement et fortement l’évidence de la véritable sincérité de parole. C’est pourquoi la paysanne de Domrémy en tant que femme des clairvoyances cosmiques est bien un jalon essentiel de l’émancipation révolutionnaire des cœurs, la conductrice d’une guerre de mouvement critique et la représentante d’une spiritualité des terres profondes, nécessairement et toujours insubordonnée aux apparats et bouffissures de l’Église savante de l’opulence régnante.

C’est d’abord pour cela que Jeanne l’extrémiste se voit abandonnée, trompée, dénoncée, livrée et vendue et qu’elle meurt sur le bûcher le 30 mai 1431 alors que la « Sainte-Alliance » de toutes les puissances de la domination des biens de ce monde avait alors décidé de mettre en place les diverses tractations militaires et diplomatiques qui conduiraient les couronnes de France et d’Angleterre à cogérer la caducité progressive du traité de Troyes et l’émergence accomplie du développement capitalistique adéquat à la sanctification de la modernité marchande.

Quant à la réhabilitation ultérieure suivie de la canonisation, il va de soi qu’elles étaient là indispensables à la neutralisation du potentiel d’infinie sédition qui ressortait d’une puissance de vie qui contre l’autorité ecclésiastique des royaumes du commerce d’ici-bas n’avait cessé d’appeler au jugement direct des hauteurs réfractaires du divin.

En refus de l’économie narcissique de l’existence illusoire du temps des choses, l’humain ne retrouve sa qualité sacrale que dans l’expérience révolutionnaire de l’authenticité du souffle de vie… C’est là notamment au travers de Jeanne et des surgissements de grandissement et de dé-asservissement qui rythment l’histoire indocile des vivants qu’il convient de regarder attentivement les gigantesques et existentielles colères sociales montantes qui annoncent visiblement la radicalité des temps qui viennent et où verra s’accélérer partout la grande crise historique de l’empire mondial de la pourriture capitaliste régnante.

CONTRE TOUS LES TEMPLES DE LA MARCHANDISE…

…VIVE LA COMMUNE DE LA VRAIE VIE !

Gustave Lefrançais pour le Collectif L’Internationale