Indépendance nationale. Pourquoi la France ? par Arnaud GUYOT- JEANNIN

Chers amis,

Pourquoi la France ? interrogeait Jean Cau dans un livre au titre éponyme paru en 1975 (La Table Ronde). Presque trente-cinq ans après, cette question mérite toujours d’être posé. Nous pouvons nous hasarder à y répondre en trois points. La France, fille aînée de l’Église, fut désignée par la Providence comme étant universelle. La France mérovingienne, carolingienne et capétienne su préserver, tant bien que mal, l’unité du royaume et la multiplicité de ses peuples constitutifs. La langue française su contribuer, comme siège de l’Être, à inspirer le peuple français et le monde entier grâce à la francophonie.

La France traditionnelle a été catholique, ethno-nationale et francophone. Elle se trouve aux antipodes du jacobinisme moderne et du mondialisme de l’hypermodernité ! La France des terroirs et des clochers ne peut donc se confondre avec celle du village mondialisé ! C’est de cette Ancienne France et de son esprit dont nous pouvons nous revendiquer. La France très chrétienne, des communautés naturelles et du génie linguistique qui fusionne avec celles de nos églises, de nos rois et de nos paysans ! Sans oublier nos artistes et saltimbanques ! La France de Clovis, Saint-Louis, Charles VIII et Louis XVI autant que des poètes troubadours, de Molière, de Sacha Guitry et de Michel Audiard. Une France française ! Une France garante de la grande patrie française respectueuse des petites patries communales organiquement fédérées !

Malheureusement, cette France traditionnelle semble avoir disparu depuis l’avènement de la Révolution qui n’a de « française » que le nom. Bien sûr, après elle, il demeura encore quelques structures traditionnelles, mais très vite affaiblies ou abolies par la modernité industrielle. Le paradigme techno-marchand finit par se substituer au modèle local, national et continental issu du Vieux Monde. Le Nouveau Monde apparaît alors comme éclatant avec son individualisme bourgeois, son libéralisme narcissique et son indifférentisme social. Le stupide XIXe siècle dont parlait Léon Daudet a accouché d’un XXe siècle totalitaire. N’oublions jamais que si la première guerre civile française ayant des répercussions mondiales a éclaté, c’est en raison des nationalismes convulsifs. De même, les deux premières guerres civiles européennes dites mondiales furent engendrées par des nationalismes exacerbés. Autrement dit, pas d’indépendance nationale possible sans paix française et européenne durable ! Mais, pas non plus d’indépendance nationale, sans puissance française et européenne possible !

Aujourd’hui, en ce début de XXIe siècle, la France et l’Europe post-modernes s’arrachent à elles-mêmes et les Français se défrancisent progressivement. Elles y sont aidés par les vampires atlanto- capitalistes de la droite bling-bling et les zombies néo-branchés de la gauche bo-bo qui parachèvent l’idéal soixante-huitard incarné par le libéralisme-libertaire.

Alors, comment nous réapproprier nos souverainetés et nos identités collectives ? Comment pouvoir défendre l’indépendance nationale, la justice sociale et un vrai modèle écologique? Comment nous débarrasser des ingérences étrangères comme l’impérialisme culturel, militaire et économique américain au moment où les Français sont, de plus en plus, occidentalisés ? Comment, seulement, pouvoir l’imaginer au moment où la France de Sarkozy nous fait réintégrer l’O.T.A.N. ? Comment régler le problème de l’immigration de peuplement ? Comment redevenir finalement nous-mêmes tout simplement ? Autant de questions présentes qui se posent crucialement, tant elles conditionnent l’avenir de la France. En fait, les réponses apportées ne peuvent qu’opposer les partisans de la vie aux forces de dissolution. Nul doute que les premiers finiront par l’emporter, tant il est vrai que les forces du non-Être ne peuvent que plier devant celles de l’Être, puisque n’existant que grâce à elles. Encore faut-il que les hommes aident la Divine Providence dans ce combat eschatologique primordial ?

« Il nous faut prier comme si tout dépendait de Dieu et agir comme si tout dépendait de nous », s’écriaient Sainte Jehanne d’Arc. Et Jeanne d’ajouter : «  En nom Dieu, les hommes d’arme batailleront et Dieu donnera la victoire ».

Chers amis,

L’occupant anglais de l’époque, c’est l’occupant américain d’aujourd’hui ! Les immigrés étant simplement agrégés au même système marchand occidental que nous, malgré les résistances de musulmans pieux et respectueux des valeurs traditionnelles.

Pour ne pas succomber à notre propre mort, il faut rompre avec le nihilisme qui peut nous submerger à tous instants ! Il ne faut pas se tromper : l’A(a)dversaire avec une majuscule et avec une minuscule souhaite notre mort spirituelle, culturelle, sociale, etc. ! Il faut aussi réfléchir et dénoncer les modes délétères d’invasion démographique, de sous-culture de masse et de déliaison sociétale et sociale. Il faut enfin agir politiquement d’une façon concrète sur le plan local, national, continental et/ou global. Ses sphères étant à la fois autonomes et dépendantes les unes des autres.

L’interdépendance mondiale nous oblige à revoir certains cadres de réflexion et d’action sur le plan du pur Hexagone. La France, si l’on y réfléchit bien, récapitule l’Europe par ses racines ethno-culturelles. Elle est non seulement universaliste par sa vocation spirituelle et particulariste par son respect pour la pluralité de la Création. L’indépendance nationale ne doit pas se concevoir alors comme un ethno-centrisme jacobin, mais bien comme un patriotisme identitaire ouvert sur l’Universel. L’indépendance nationale ne doit pas séparer les peuples au sein de la France et à son extérieur, mais, au contraire, affirmer la diversité des cultures populaires différenciées dans une unité de civilisation chrétienne.

Alors, l’indépendance nationale ne sera plus pétrifiée, mais purifiée de tout centralisme jacobin d’essence révolutionnaire. Elle sera aussi un vecteur politique adéquat contre le mondialisme qui prolonge le jacobinisme à grande échelle. Un cadre politique étranger à Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, à Bernard-Henry Lévy et aux deux Jacques, Attali et Séguéla ! Une France enracinée, incarnée et opposée à celle d’Alain Minc, André Glucksman et Guy Sorman ! Une France à la fois classique et baroque qui doit prendre la défense du peuple contre les people représentés par les « élites » politico-médiatiques interchangeables et clonées comme Carla Bruni, Rachida Dati et comme – eh oui ! – Martine Aubry ! Opposons donc la France réelle contre la France légale ! la France des vivants contre la France des morts-vivants ! Maurras, toujours présent !

Du temps de son vivant, le maître de Martigues qui était sourd a fini par entendre une voix – à l’instar de Jeanne – qui l’a édifiée et conduit à se propulser dans les bras de Dieu. L’agnostique et vieux lutteur avaient fini par entendre « Quelqu’un ».

Au sein de la Sarkosphère, l’édification s’efface au profit de la sidération. La sidération incarne même la parodie démoniaque de l’édification. Elle la singe artificiellement en galvanisant les masses hébétées. L’élection de Sarkozy voici deux ans, les nouvelles icônes politiques et artistiques à la mode, l’idolâtrie de la société médiatique transparente, témoignent de la sidération et de certains signes de la fin des temps. Mais nul ne sait ni le jour, ni l’heure de sa fin !

Alors, chers amis, pensons et agissons pour la France et pour Jeanne, car ce sont finalement en toutes les deux que nous plaçons notre foi et notre espérance. Notre volonté doit accompagner le dessein divin. Les cœurs ardents sont toujours prêts à se battre pour une noble cause qui les dépasse. En l’occurrence, celle de la France éternelle à laquelle le destin ne peut se dérober !

Je vous remercie.

Arnaud Guyot-Jeannin

• Allocution prononcée à Paris, le 9 mai 2009 à l’invitation du C.R.A.F. (Comité royaliste d’Action française).