« Écrit avec ton sang, et tu découvriras que ton sang est esprit » par Gabriele ADINOLFI

Le 28 avril 2017, à Kyiv, durant la première conférence Paneuropa organisée par le réseau Reconquista, un message exaltant, adressé aux patriotes ukrainiens qui luttent pour leur identité nationale de la part de Gabriele Adinolfi, fut lu par Pascal Lassalle, militant de longue date dans les rangs de la Nouvelle Droite française qui a toujours défendu une position pro-ukrainienne et qui participe à la Guilde des Lansquenets lancée par Adinolfi.

Comme nous l’avons déjà signalé, Gabriele Adinolfi a soutenu, au moment de la révolution du Maïdan, la lutte des nationalistes ukrainiens pour une troisième voie géopolitique (« L’Eurasie est une utopie, le Kremlin et la Maison Blanche sont les héritiers de Yalta »).

Il n’y a pas si longtemps d’ailleurs, les nationalistes-révolutionnaires ukrainiens eurent la chance de lire une traduction de l’ouvrage de Ricardo Alvares, L’autonomie noire qui contient un chapitre consacré à l’histoire de Terza Posizione [l’organisation nationaliste-révolutionnaire cofondée par Adinolfi – NDT]. Aujourd’hui, au moment où l’Union européenne impose agressivement son agenda d’extrême gauche au peuple ukrainien, de plus en plus de citoyens ukrainiens en guerre se sentent dégoûtés par cette « fête en des temps de peste ».

Aveuglés par le soutien occidental, les lobbyistes ukrainiens pro-UE n’ont pas remarqué que le manque de résistance apparent est le meilleur moyen de les laisser irriter les masses avec leur idiotie et de ruiner leur réputation.

La réponse organisée des forces patriotiques ukrainiennes se profile à l’horizon. On pourra difficilement trouver un meilleur exposé de la naïveté des eurosceptiques pro-Poutine.

Seul l’esprit généreux et affûté peut se rendre compte que le gouvernement ukrainien pro-UE et le néo-soviétisme de Poutine sont tous deux inacceptables.

En avant vers la Paneurope qui germe au sein de la Kyiv révolutionnaire !

Olena Semenyaka

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Chers camarades,

Cela aurait été un grand plaisir pour moi d’être parmi vous si je n’avais déjà été retenu par un événement prévu de longue date à Milan.

Je vous reconnais une qualité rare de nos jours, celle d’être un exemple.

Un exemple de cœur, de bravoure, un exemple plus existentiel que politique, ce qui est même plus important.

Les fantômes des peuples d’Europe et la décadence croissante, à la fois biologique et spirituelle, plus qu’économique, reçoivent des réponses partielles, superficielles, théoriques, qui sont rarement traduites en actes.

En Italie, où nous avons vécu la tragédie, nous savons à quel point cela est important, à quel point cela créé une sélection, à quel point cela est formateur, à quel point cela engendre les meilleurs hommes, aussi nous n’avons aucune difficulté de reconnaître en vous la grandeur avec laquelle vous vivez la tragédie.

Tragédie et grandeur : quelque chose qu’aujourd’hui, nous pouvons trouver en Ukraine et chez nos camarades grecs.

Cela devrait suffire pour s’aligner à vos côtés avec le cœur et les nerfs, ainsi qu’avec la campagne, malheureusement limitée, de réinformation que j’ai menée contre tous les mensonges qui ont été déversés sur vous, provenant parfois, non de vos ennemis déclarés, mais de ceux qui devraient être vos alliés, ou des frères.

Cela m’attriste considérablement de constater la rancœur qui anime en Europe des milliers de personnes de l’extrême droite qui vous accusent.

Vous, qui faites votre devoir, répondez à la voix du sang, de la justice.

Vous vous réappropriez l’héritage de vos pères et combattez pour votre pays !

Les mêmes personnes qui vous accusent sont celles qui sont affairées à détruire l’idée d’unité européenne au nom d’un « souverainisme » libéral et bourgeois, vous accusant, en tant que sociaux-nationalistes, de détruire une supposée unité eurasiatique !

Si ce n’était triste, ce pourrait être drôle.

La seule chose dont ces gens ont besoin est d’un bon psychiatre.

Ils vous accusent, vous ne le savez que trop bien, d’être des agents américains et israéliens, d’être des marionnettes de l’OTAN et du gouvernement de Kyiv.

Pour ces personnes, dont beaucoup probablement n’ont eu à subir qu’une contravention pour être passées au feu rouge, il importe peu que vous ayez encore des prisonniers, des martyrs tués par le gouvernement, que vous ayez marché sur le Parlement contre ce même gouvernement : ils n’en ont cure, ils ne veulent pas voir tout ça.

Ils ont besoin d’un « super héros » pour les défendre des États-Unis et pour lequel ils tueraient leur propre mère.

Ils s’accrochent à leurs rêves fantasmatiques et refusent d’affronter la réalité, celle des véritables relations entre puissances qui combattent au-dessus de leurs têtes et celle de l’héritage historique et social du bolchevisme, aujourd’hui davantage mafieux et libéral dans les « provinces ».

Vous avez choisi le plus mauvais camp, celui qui démontre que « le roi est nu », celui de Jimminy Cricket dans le dessin animé Pinocchio qui énonce la vérité et que la marionnette ne peut que seulement détruire avec un marteau.

Si j’étais chrétien, je vous inviterais à « leur pardonner, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ».

En tant qu’Européen, ce qui renvoie à quelque chose de beaucoup plus ancien, renfermant de toute façon dans son Panthéon également la religion de sa race, je vous invite à faire de même, parce qu’ils ne méritent pas votre colère, dans la mesure où entre ceux qui combattent et ceux qui se contentent de parler, il y a un fossé infranchissable, et il ne peut y avoir de confrontation, ce qui sonnerait comme une insulte pour ceux qui portent en eux l’esprit de Milice.

Sur le terrain politique, je suis d’accord avec vous en ce qui concerne votre idéal, votre éthique, vos principes historiques et votre programme social.

Je vous admire également pour vos efforts visant à faire émerger un pôle de puissance géopolitique régional en Europe par le biais du projet Intermarium.

Au sein de la désagrégation contemporaine et en tenant compte des messages de décadence venus de la partie occidentale de notre patrie commune, l’Europe, le choix de se protéger soi-même tout en gardant une approche plus large, est raisonnable.

Peut-être parce qu’au sein de notre patrie commune la mienne est à l’Ouest, peut-être parce que j’estime que sans un axe gibelin, je ne pense pas une nette rectification possible, je crois encore à l’unité européenne, avec toutes ses composantes, qui devrait se concevoir comme un empire contre l’impérialisme.

C’est la raison pour laquelle je considère l’Intermarium comme un véritable pas en avant sur le chemin de la renaissance de nos peuples, soudés mais pas confondus, dans la puissance et dans l’Idée.

Ayant versé le sang sur les fronts intérieurs et extérieurs, je sais que vous possédez la nécessaire clarté de l’esprit, déterminée par l’expérience tragique et métaphysique, pour aller au-delà de la colère et des combines, au-delà des « bons » contre les « méchants » et, comme cela s’est produit maintes fois dans le passé, vous pouvez représenter une avant-garde réconciliatrice pour les gens opposés aujourd’hui les uns aux autres.

Je sais que si le grand espace boréal européen, tel que définit par Jean-Marie Le Pen, est un jour édifié, ce sera grâce à votre action intelligente, à votre grand cœur, et non en raison d’accords politiques et mercantilistes.

Je suis convaincu aussi que vous serez un exemple de stratégie politique à long terme, démentant une fois de plus les stupides marionnettes d’extrême droite qui vous attaquent.

Votre peuple est fort, courageux, exemplaire. Il a combattu l’impérialisme soviétique et le régime communiste presque douze ans après l’occupation [L’Armée insurrectionnelle ukrainienne, la fameuse UPA, a combattu bien après 1945 – NDT] et donne encore d’importants signes de vitalité.

Les Hongrois et vous, avez, en majorité, mené une lutte à mort contre le communisme.

Maintenant, nous devons l’achever sous toutes ses formes, en commençant par ses citadelles les plus fortes à New York et Londres.

Je suis certain que votre action politique sera plus que pertinente dans cette confrontation épique.

Merci en tout cas, pour votre force, votre courage, votre ténacité et l’esprit de sacrifice dont vous avez fait preuve.

« Écrit avec ton sang, et tu découvriras que ton sang est esprit »

Gabriele Adinolfi

Traduction et adaptation par Pascal G. Lassalle