Concours de beauté pour foire aux bestiaux par Georges FELTIN-TRACOL

À une semaine du premier tour de la présidentielle française, voici l’éditorial paru dans le n° 55 de Réfléchir & Agir toujours en kiosque. Excellent motif pour s’abonner sur son site éponyme. Outre le cadeau aux abonnés, les meilleurs abonnés recevront soit une famille de migrants, soit la matraque à Théo. Allez, abonnez-vous ! Réabonnez-vous ! La rédaction a envie d’avoir les costards de François Fillon.

R&A55

À tous nos lecteurs internautiques, très bonne Ostaria et Joyeuses Pâques !

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Sauf immense surprise, les 23 avril et 7 mai prochain, l’auteur de ces lignes restera chez lui et ne participera pas à une belle supercherie : l’élection présidentielle. Il ne se rendra dans l’isoloir que si le très courageux écrivain anti-remplaciste, Renaud Camus, recueillait les parrainages requis. En effet, le choix proposé aux électeurs est dès le départ biaisé par l’incroyable barrage des candidatures.

Un filtrage préventif

D’abord fixé à 100 signatures, leur nombre fut porté à 500 après la présidentielle anticipée de 1974 où 12 candidats concoururent. Ce seuil n’empêcha toutefois pas qu’il y en ait 16 en 2002. Le parrainage par des élus (hormis discriminatoire des conseillers municipaux) favorise l’élimination préventive de candidats réputés fantaisistes ou peu représentatifs.

À la quête chronophage des signatures, la caste politicienne y ajoute maintenant un filtrage supplémentaire, celui grotesque des « primaires » avec un mode d’accès des plus restrictifs. Imaginée à l’origine pour court-circuiter les politiciens, l’élection présidentielle au suffrage universel direct se trouve désormais sous la coupe conjuguée des partis, des médiats et de la finance. L’introduction du calamiteux quinquennat a accéléré une mainmise qui défigure, dévoie et amoindrit la Ve République.

Devoir d’abstention

Le président élu en mai ne sera qu’un Gulliver – en version rétrécie – enchaîné par diverses entraves appelées UE, OTAN, OMC, Cour de cassation, Conseil d’État, Cour européenne des droits de l’homme, Conseil constitutionnel. Après les mandats catastrophiques de Chirac, Sarközy et Hollande, la fonction présidentielle a perdu tout sens concret. La compétition s’apparente plutôt à des concours de comices agricoles pour bestiaux politiques, plus ou moins hormonés.

Participer à cette déplorable farce impliquerait d’en accepter les règles. Il faut au contraire s’en affranchir souverainement. S’abstenir présente le grand avantage de récuser tout ce pitoyable cirque. « Si les élections servaient à quelque chose, affirmait le philosophe d’extrême droite Coluche, elles seraient depuis longtemps interdites. » Faisons nôtre cette savoureuse remarque.

Georges Feltin-Tracol