Compte-rendu de la première réunion « Paneuropa » (3e partie) par Olena SEMENYAKA

Russie

Après le discours de Pascal Lassalle qui a résumé symboliquement la partie ouest-européenne de la conférence, le terrain a été laissé à un représentant du Centre Russe et de la Wotan Jugend.

Alexeï Levkine, un émigré politique russe qui, bien avant la révolution du Maïdan, s’est forgé une réputation de combattant implacable contre le régime anti-national de Poutine. Actuellement, il est activement impliqué dans les activités métapolitiques et éducatives du mouvement Azov comme conférencier, éveilleur des jeunes générations d’Ukrainiens et de bien d’autres.

De plus, en tant que chanteur du fameux groupe de Black Métal « M8L8TH », Alexeï joue un rôle de boussole intellectuelle dont l’influence va bien au-delà d’une sub-culture marquée à droite.

Depuis sa venue en Ukraine en 2015, il a participé ou été en tête d’affiche de toute une série de concert d’extrême métal en hommage aux prouesses des volontaires ukrainiens en guerre. En 2016 et 2017, il a co-organisé, en collaboration avec Militant Zone, les festivals annuels Asgardsrei qui ont attiré des amateurs et des fans venus de l’Europe entière.

Le dernier festival Asgardsrei en date du 18 décembre 2016 a été précédé par la conférence métapolitique « Pacte d’Acier » (entre l’Europe occidentale et l’Europe orientale) qui peut être considérée comme la première conférence « Paneuropa », à Kyiv également. Dans sa première partie, Alexeï Levkine au nom de M8L8TH, de Famine et de Peste Noire ont engagé une discussion ouverte avec l’assistance en tant qu’interlocuteurs principaux, répondant aux questions relatives aux situations politiques respectives de l’Ukraine et de la France.

Intermarum Ukr

Du 11 au 14 juin dernier, Alexeï a co-organisé et participé au tournage à Kyiv d’un clip vidéo pour la chanson de Peste Noire, « Le dernier putsch », dédiée au mouvement Azov. En tant que représentant également du Centre Russe, une plateforme de coordination de l’émigration nationaliste russe basée à Kyiv, et du projet métapolitique Wotan Jugend, Alexeï a été interviewé plusieurs fois par ses sympathisants, les nationalistes polonais de Szturm en particulier, tout en ayant participé aux deux conférences du « Groupe d’Assistance pour le Développement de l’Intermarium ».

En d’autres termes, il a toujours été au premier plan des communications pan-européennes. À l’époque de la révolution du Maïdan et de la guerre à l’Est de l’Ukraine qui s’en est suivie après l’annexion de la Crimée, la Wotan Jugend, qui s’occupait principalement de thèmes culturels, s’est transformée en une puissante plateforme d’information, répandant la vérité sur « le choix démocratique » du « peuple russe » dans le Donbass et en Crimée.

Son site Internet a mis l’accent sur les « rebelle » de l’Est de l’Ukraine coordonnées, formés, parrainés et armés par des officiers russes du FSB, les combattants tchétchènes de Ramzam Kadyrov, toutes sortes de communistes et d’« antifasciste » européens et non-européens, aussi bien que les droitistes sporadiques d’Europe occidentale qui essaient de détourner leurs regards des portraits de Staline dans les quartiers généraux de la « DNR ». Par conséquent, selon un schéma bien établi, il a été régulièrement piraté par les services spéciaux russes qui ont organisé une « scission » dans les rangs des nationalistes russes réussissant à « expulser » le segment pro-ukrainien et a commencé à promouvoir la « véritable » position de la droite russe. La ressource piratée n’a pas tenu bien longtemps, mais les personnes qui lui étaient liées, y compris Alexeï Levkine, ont dû prendre un aller simple pour l’Ukraine.

Cependant, ceci n’était pas un aboutissement inévitable de la solidarité des nationalistes russes à l’égard d’un peuple frère contre l’ennemi néo-bolchevique. Dans son discours, Alexeï Levkine a souligné que les nationalistes russes ont été, par dessus tout, inspirés par le succès confirmé des nationalistes ukrainiens à l’échelle européenne et voient l’Ukraine comme un point focal du renouveau européen d’après-guerre. La capacité à prendre les armes et de défendre la patrie contre l’envahisseur communiste jadis, a uni une jeunesse fougueuse partout en Europe. Aujourd’hui, le régiment Azov est devenu un présent inestimable pour les patriotes européens avec une mentalité héroïque qui ne se confond pas avec le « monde moderne ».

Il est vrai que dans la Fédération de Russie, a continué Alexei Levkine, toutes les organisations nationalistes ont été interdites (la dernière en 2015). Cependant, il ne considère pas l’Ukraine uniquement comme un lieu qui offre plus de liberté et d’occasions pour les activistes de droite. Comme il l’a fait remarquer, dans chaque mouvement, il y a toujours une différence de fonctions accomplies par certains types de personnes : les unes constituent la base matérielle du mouvement, les autres déterminent ses idéaux spirituels et contribuent à façonner la matière première pour aboutir à quelque chose de plus grand, de même que pour une statue ancienne.

C’est ce que des personnes comme Alexeï Levkine ont trouvé dans le mouvement Azov : la composante métapolitique qui comprend des « personnes différenciées » au sens évolien du terme ou des « humains d’un type spécial » qui ont préservé en eux une relation intrinsèque à l’Être et révèlent la dimension métaphysique de la lutte politique et militaire à ceux qui sont impliqués.

Le poste d’éveilleur d’Alexeï au sein du mouvement Azov inclut des cours et des entraînements paramilitaires, avec dans cet ordre d’idée, des activités comme l’airsoft, un des rares manifestations de la société moderne dans laquelle une personne peut encore se confronter à l’élémentaire sans « éveiller les soupçons ». Cependant, la manifestation européenne radicale de la volonté politique est encore possible. Alexeï Levkine a donné l’exemple suivant d’un acte héroïque dans des conditions modernes.

Il a raconté l’histoire d’un jeune nationaliste russe (17 ans), Anton Konev, qui, il n’y a pas si longtemps (21 avril), a descendu un officier de haut rang du FSB , dans sa propre salle d’audience située dans la ville de Khabarovsk. Pour certains, « l’exploit » pourrait être assombri par le fait que pour obtenir une arme à feu, Konev a aussi tué un civil, le garde d’un stand de tir, et, accidentellement, un traducteur dans la salle d’audience. D’autres ne comprendront pas vraiment pourquoi les services spéciaux de la Fédération de Russie sont considérés comme l’ennemi principal par les nationalistes russes.

Alexeï Levkine a souligné que cet acte est digne de respect, parce qu’à l’opposé des terroristes islamistes qui se font consciemment exploser en ciblant des populations civiles, Konev (qui a aussi été abattu sur la scène de crime), a choisit une victime dont la liste des atrocités commises sur des patriotes russes est immense et a accompli avec succès une mission mortelle. De manière prévisible, le FSB a concocté un scénario selon lequel ce « néo-nazi » (qu’ils ont lié à la Wotan Jugend, un honneur démenti par Alexeï Levkine), était un sympathisant de l’État islamique.

Ayant achevé son intervention avec une référence au type humain le plus élevé qui peuple les sagas et les poèmes épiques, qui constitue selon lui le véritable objectif de la lutte politique, Alexeï Levkine a appelé à entretenir la flamme de la Reconquista européenne, au-delà des vieilles divisions nationales, pour nous qui sommes l’avenir de l’Europe.

Olena Semenyaka

Responsable du Département international du Corps National [branche politique du mouvement Azov – NDT] et coordinatrice du projet Reconquista.

Traduction et adaptation par Pascal G. Lassalle