2019, le glas du souverainisme ? par Arnaud MENU

Il y a près de 20 ans, plus précisément lors des élections européennes de juin 1999, apparaissait un nouveau phénomène politique, que beaucoup à l’époque présentent comme un moyen de dépasser de vieux clivages : le souverainisme. Incarné par la liste Pasqua-Villiers, qui arrive en tête des listes de droite lors de ce scrutin, le souverainisme devait avoir les avantages d’un patriotisme bien propre sur lui, sans être marqué du sceau de l’infamie dont est victime le nationalisme…. C’était surtout permettre à ceux qui se considéraient comme des républicains des deux rives de rénover et de restaurer une sorte de république revenue à la pureté originelle, d’éviter de faire alliance avec le FN, voire étouffer ce dernier, le tout autour de la figure mythique de De Gaulle, trente ans après la mort du père de la Ve

Malheureusement, les aléas de la politique ont fait que ce souverainisme promis pourtant à un avenir radieux est vite devenu un épiphénomène du combat des idées et surtout des scrutins… Certes en 2002, Chevènement avait cru l’incarner. Résultat : 5 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle et l’impossibilité de transformer l’essai lors des élections législatives suivantes. De même depuis 2007 plusieurs candidats fort honorables, à l’instar de Nicolas Dupont-Aignan jusqu’en 2012, essaient de redonner vie au souverainisme. S’appuyant sur une lecture biaisée du résultat du référendum de mai 2005, où les partisans du non ont plus largement voté contre une certaine idée du Système que pour un souverainisme pur et parfait.

Europe physique

En 2017, ce souverainisme pur et parfait avait un candidat (et l’a toujours) : François Asselineau. Et là encore Vox Populi Vox Dei : 1 % de suffrages lors de l’élection présidentielle.

Il est vrai que le souverainisme, ne traitant que de questions institutionnelles et arc-bouté sur ces questions, n’est pas ou plus en mesure de répondre aux défis actuels, notamment identitaires, d’autant que le souverainisme refuse d’intégrer les questions ethniques, professant que la France est une idée, ouverte à tout le monde, etc.

Il est à noter également qu’un souverainiste comme Nicolas Dupont-Aignan n’est plus axé uniquement sur la sortie de la France de l’UE, mais prône désormais une réforme de cette dernière. S’appuyant en cela sur le groupe de Visegrad qui montre que l’on peut défendre son identité, juguler la pression migratoire, pérenniser ses valeurs en restant au sein de l’UE.

Alors en 2019, verra-t-on l’avènement d’une véritable Eurodroite s’appuyant sur Visegrad et la fin du souverainisme ? L’avenir nous le dira.

Arnaud Menu

D’abord mis en ligne sur EuroLibertés, le 24 avril 2018.